Depuis plusieurs années maintenant, j’ai la vivide impression que la célèbre ouverture d’esprit québécoise relève d’avantage de la publicité mensongère, semblable aux visuels d’un comptoir de restauration rapide, rendant la réalité si décevante. Lorsque j’ai lu un article dans La Presse signé Michel Wieviora, directeur d’études des hautes études en sciences sociales à Paris, diagnostiquant presque la mort clinique du multiculturalisme de la « Belle Province », je me suis dit que, moi aussi, j’étais en droit, au même titres que les centaines d’analphabètes déversant leur ignorance dans les microphones de la commission, d’y aller de mon petit constat maison.

Soucieux de respecter la perspective réductrice parce que régionarde en vogue, je ne me suis penché que sur les données mettant en vedette ce que certains appellent les « minorités visibles », parce que de toute évidence, il n’est jamais vraiment question de tous ces immigrants caucasiens à qui l’on permet un communautarisme des plus séculaires. Leur épiderme étant si doux à la rétine de la masse. J’ai donc fait le plein d’informations auprès de Statistiques Canada et, tout d’un coup, ma fierté presque républicaine en Montréal c’est vu finalement récompensée. Selon le dernier recensement fédéral de 2006, la population totale des « minorités visibles » du Québec est de 497 975 dont 458 330 citoyens de la région Montréalaise, ce qui laisse 39 645 hooligans culturels potentiels pour mettre, langue, mœurs et valeurs, à feu et à sang, tel que nos agriculteurs de régions semblent entrevoir l’avenir, depuis la boule de cristal ADQuienne.

Ce qui amène à se poser une question. Comment se fait-il qu’un parti ayant fait des accommodements raisonnables son principal cheval (de Troie) de bataille ne puisse convaincre que des gens n’ayant pratiquement aucune expérience directe du phénomène en question ? Dans une société où le seul contact intellectuel se résume à quelques heures de télévision, et ce, depuis l’époque de « Point de Mire », j’accuse la calomnieuse stigmatisation faites de quiconque ayant la peau naturellement un peu trop basanée par les médias d’une grande part de responsabilité. Après tout, selon le clergé journalistique, les noirs ne sont-ils pas tous membres d’un gang de rue, les arabes, donc intégristes, tous des terroristes sur appel et les sud-américains génétiquement violents. Je caricature ? Non, vous ne regardez simplement pas suffisamment de télévision, ou alors que le canal Vox.

Donc, comment puis-je être toujours seul à croire qu’il est incontestablement improbable que 1,07% de la population hors Montréal puisse réellement menacer une culture érigée en institutions, en véhicule diplomatique, bâillonnant la différence parmi les siens pour mieux revendiquer la sienne chez nos voisins épris de la reine ? N’est-il pas évident que la peur du canadien-anglais, que l’on ne connaît que trop peu, soit transposé en celle de « l’étranger » que nous ne connaissons pas du tout ? J’imagine que le futur nous réserve des consultations populaires similaires sur des thèmes comme le taux d’imposition, le budget de la défense ou encore les tarifs prohibitifs d’Hydro-Québec ? Malheureusement, dans notre Néo-Québec « droitisié », il est gau-gauche de traiter l’individu au même titre que l’argent.



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